Eugène Morel (France)

Eugène Alphonse Morel, né à Paris le 21 juin 1869 et mort à Meudon le 23 mars 1934, est un écrivain, critique littéraire et bibliothécaire français, connu surtout pour avoir fortement influé sur l’évolution des bibliothèques françaises au XXe siècle.

Après des études de droit (1886-1889), Eugène Morel renonce au métier d’avocat et entre à la Bibliothèque nationale en 1892. Parallèlement, il mène une carrière d’écrivain et publie plusieurs romans, articles et pièces de théâtre. En 1906, il participe à la fondation de l’Association des bibliothécaires français, dont il sera élu président en 1918. En 1910, il publie La Librairie publique, ouvrage dans lequel il préfigure le développement des bibliothèques publiques au XXe siècle. En 1911, il introduit en France la classification décimale de Dewey à la bibliothèque de Levallois-Perret.

 

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1869 : Naissance à Meudon.

1879-1885 : Etude d’un surdoué en littérature, langue et philosophie au lycée Charlemagne.

1886 : Obtention du baccalauréat. E. Morel publie sa première œuvre : Ignorance acquise.

1886-1889 : Etude de droit. E. Morel veut alors devenir avocat et commence une carrière en ce sens.

1890 : Il rencontre à Amiens, où il fait son service militaire, Jules Verne, boudé par les littérateurs de l’époque et à qui il voue une grande admiration. Cela lui donne le ressort pour publier des poèmes ou des textes au Mercure de France ou pour la Revue Blanche.

1892 : Il renonce au droit et entre à la Bibliothèque nationale comme attaché payé à la journée et commence à découvrir la lourde hiérarchie de cette institution. Il est chargé de la préparation du catalogue des imprimés.

1895 : Un voyage en Angleterre, puis aux Etats-Unis, beaucoup plus tard, lui permet de découvrir l’organisation fonctionnelle des bibliothèques anglo-saxonnes, les London free libraires. Il s’engage alors dans la rédaction d’un document dans lequel il analyse sans pitié toutes les faiblesses et failles des bibliothèques françaises, mais aussi dans lequel il décrit un plan d’action pour les dynamiser et leur donner leur vrai rôle de service public.

1906 : Il participe à la fondation de l’Association des bibliothécaires français.

1908 : Il publie le résultat de son travail  Bibliothèques : essai sur le développement des bibliothèques publiques (deux volumes) qu’il présente comme un ouvrage  « écrit pour ceux qui ignorent, décident, votent et subventionnent…  Il est écrit aussi pour le public qui utilise ou pourrait utiliser les bibliothèques, pour le citoyen concerné par toutes les institutions publiques de son pays. Les professionnels peuvent donc dédaigner le livre » [2].

1910 : Publication de La Librairie publique, résumé du précédent ouvrage dans lequel il préfigure le développement des bibliothèques publiques du XXe siècle. Mais dans lequel il regrette surtout que le terme de bibliothèque ait remplacé celui de library. « Ce fut certes un grand ennemi des livres que celui qui remplaça le vieux mot de librairie par le mot bibliothèque » [3].

1911 : Il introduit en France la Decimal Classification dans la bibliothèque de Levallois-Perret où il travaille et soutient la création de la bibliothèque parisienne L’Heure Joyeuse, bibliothèque pour enfants.

1911- 1913 : Il entreprend un cycle de conférences pour dire ce que doit être une bibliothèque moderne que l’on peut considérer comme un des premiers enseignements de bibliothéconomie et de documentologie.

1917 : Très critique vis-à-vis du dépôt légal, E. Morel en propose une refonte et publie en ce sens deux ouvrages : Le Dépôt légal, étude et projet de loi, puis en 1925, La loi sur le dépôt légal. A la lecture de ces textes, on peut considérer que E. Morel est le père des actuels creative commons.

1918 : Il préside l’ABF.

1929 : Il rejoint le Bureau bibliographique de Paris, alors présidé par le général Sebert. Le BBP devient le Bureau Bibliographique de France ou BBF

1930 : Il prend la présidence du BBF.

1934 : Décès soudain de ce bibliothécaire auquel d’autres bibliothécaires rendent un hommage sincère. Les de Grolier, en particulier, qui situent son héritage intellectuel en discernant deux époques : « celle d’avant Morel où les intérêts des sciences non historiques étaient sacrifiés, et, plus encore, ceux du grand public : et celle d’après, où un mouvement voit le jour en faveur de la bibliothèque publique et de la documentation »

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