Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale, Nice (France)

En 1706 on trouve mention d’une bibliothèque importante à Nice : c’est celle que l’évêque Henri Provana de Leyni avait installée dans son palais épiscopal proche de la nouvelle Cathédrale Sainte-Réparate. A sa mort, un inventaire est dressé : 29 in-folio, 18 in-quarto, 74 in-octavo et 4 « livretti », tous ces livres de religion, dont un en provençal, « Lo Noveu Testamen » en 4 tomes.

L’amour des livres gagne les chanoines. En 1711 une ordonnance capitulaire prescrit la réparation du toit de la sacristie de la cathédrale et la création d’une bibliothèque au-dessus de la sacristie. La bibliothèque du chapitre, gérée par un chanoine bibliothécaire à partir du 15 avril 1778, est ouverte deux heures le matin et autant l’après-midi, et réservée aux membres du clergé. En 1784, la bibliothèque du chapitre est ouverte au public.

Les Augustins déchaussés, qui avaient recueilli les livres d’Honoré Leotardi et de Pastorelli vers 1705, et les Dominicains qui avaient reçu les dons de deux niçois ayant occupé des charges importantes dans l’Ordre, (le P. de Orestis, inquisiteur général de toute la Romagne, et le P. Thomas-Maris Lascaris, socius du Supérieur général) possédaient aussi des bibliothèques importantes.

Ces trois bibliothèques, ainsi que celles de tous les corps ecclésiastiques, confisquées durant la Révolution, vont former le premier fonds de la bibliothèque municipale.

En effet, si le comté de Nice n’était pas français en 1789, avec l’entrée à Nice des troupes du général Anselme en 1792, les lois de la République y furent appliquées. L’Administration départementale s’empare de la bibliothèque des chanoines. Les inventaires des bibliothèques des communautés et ordres religieux ainsi que du prince de Monaco furent dressés, tandis que les livres eux-mêmes étaient répartis en quatre lieux. A la bibliothèque du chapitre de la cathédrale
Sainte-Réparate, au couvent des Dominicains, à la maison où se tenait l’ancienne administration centrale et dans une petite salle de la précédente mairie.

En janvier 1794, est créée à Nice, comme dans toutes les grandes villes de France, la bibliothèque de district constituée à partir des fonds de confiscation révolutionnaire. Elle serait remplacée en 1796 par la bibliothèque de l’Ecole Centrale.

En 1800 tous les livres furent réunis à côté de la bibliothèque Sainte-Réparate, dans la chapelle de la confrérie du Mont-de-Piété qui la touche.

La suppression des Ecoles Centrales, amena, le 28 janvier 1803 à attribuer la disposition et la surveillance des bibliothèques aux municipalités. « Il sera nommé par la dite municipalité un conservateur de la bibliothèque dont le traitement sera aux frais de la commune ». Ainsi la bibliothèque publique du département devient municipale.

Le maire de Nice, Romey, qui aurait souhaité établir dans des meilleures conditions la bibliothèque publique, ne put se procurer les crédits nécessaires et la bibliothèque resta en ce lieu jusqu’en 1841, date à laquelle les collections accessibles au public déménagent au premier étage d’un immeuble situé 2, rue Saint-François de Paule.

D’importants legs et dons se succéderont. En 1849, elle reçut la bibliothèque du collège des Jésuites dont d’Ordre venait d’être supprimé par le Pape et qui avait été enrichie par les livres que lui avait légués le Comte Tonduti de l’Escarène. Les dons de Marcelin Guérin, ancien Procureur Impérial, et d’Auguste Carlone, archéologue et homme politique, en 1872 ; de Joseph Vallot, géologue, créateur et directeur de l’Observatoire du Mont Blanc, mort en 1925 enrichiront encore le fonds de cette bibliothèque qui passa de 15 000 volumes en 1849 à 65 000 en 1882

A la veille de la première guerre mondiale, la Bibliothèque Municipale, qui abrite un département patrimoine, une section études et le siège administratif de l’établissement, ne répond plus aux besoins des Niçois en raison de l’accroissement fulgurant de la population. Ainsi, après la guerre, un début de plan de lecture publique se met en place avec l’acquisition d’une imposante villa située, construite à la fin du XIXe siècle pour M. Rambourg, riche industriel parisien et située sur le boulevard Dubouchage. Le 4 avril 1925 la Bibliothèque Patrimoniale et d’Etude est inaugurée. Elle sera pendant longtemps le centre du réseau de bibliothèques de Nice.
Le 3 juin  2005, la bibliothèque patrimoniale et d’étude est devenue bibliothèque patrimoniale Romain Gary en hommage au célèbre écrivain qui vécu une partie de sa vie à Nice.

 

 

 

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